Armand Jung

Publié le par Typhanie B

interview parue le 02.05.08 parue sur le site de l’AFGES


 

Armand Jung, député du Bas-Rhin pour la première circonscription, n’en est pas à sa première rencontre avec les étudiants de Strasbourg. Mais aujourd’hui, plus que jamais, il souhaite défendre leur cause au sein du projet d’université unique.

 

(…)

 

Vous aviez directement interpellé la Ministre lors de la session extraordinaire de l’Assemblée Nationale du 23 juillet 2007 pour un problème de calendrier des universités de Strasbourg…

 

Oui, c’était lors de la mise en application de l’examen de la loi LRU sur l’autonomie. Il y avait un problème de concomitance de dates.

Le calendrier proposé par Madame Pécresse et le Gouvernement ne correspondait pas au processus de fusion mis en œuvre par les trois présidents d’université à Strasbourg. Ce fut l’occasion pour moi, au-delà du problème d’adéquation de calendriers, qui finalement s’est arrangé, d’expliquer à l’Assemblée Nationale, auprès d’autres collègues d’autres villes qui nous observent, le sens de cette démarche de fusion et de refondation.

Ca n’a pas été toujours très simple parce que beaucoup de villes soit nous envient, soit même essaient de nous copier.

 

(…)

 

Vous avez abordé la place des universités françaises dans le classement de Shanghai, quels aspects de l’ambition « Pôles d’excellence » ne partagez-vous pas ?

 

Je partage l’ensemble de l’opération. Mais, si je soutiens tellement le processus de refondation de Strasbourg, ce n’est pas seulement pour le prestige. Certes, il en faut dans une capitale européenne.

Si je soutiens cette opération, c’est que j’ai l’ambition, nous avons l’ambition, de permettre à plus de 50% d’une classe d’âge, dans cette ville et en Alsace, d’accéder à l’université. Je veux que 50% des jeunes de nos quartiers, de nos villages puissent accéder à l’université. L’université est la haute étude démocratique par excellence, contrairement peut-être aux grandes écoles qui pêchent un peu par leur élitisme.

Je suis un pur produit de l’université. Emanant d’une famille d’ouvriers, si cette université n’avait pas ouvert les bras à toute ma génération, une série de jeunes n’aurait pas pu faire d’études supérieures.

Mon souci premier, c’est que le maximum de jeunes arrivent à l’université, et notamment celle de Strasbourg, qui doit être une université d’excellence. Dans excellence, il y a deux aspects. Il faut des universités et des secteurs pointus, comme la biotechnologie, qu’il faut marier avec du pluridisciplinaire. C’est la fusion entre la pluridisciplinarité et les secteurs de pointe qui feront l’excellence. Dans le domaine de l’environnement, il faut des géographes, des démographes, des urbanistes, des chimistes… nous avons tout ça à Strasbourg. Celui qui veut faire du droit des affaires ne doit pas être ballotté entre la faculté de droit et la faculté de sciences. Nous allons y mettre de l’ordre.

Par ailleurs, la ville de Strasbourg est portée au plan national et européen par deux ou trois grands piliers : les institutions européennes, son université, et son approche de la santé, notamment le pôle cancérologie, très largement en pointe. C’est la conjonction de ces trois qui font que Strasbourg est connue au niveau national et européen… au-delà de la choucroute et du vin blanc.

Une grande partie des jeunes de cette région, de cette ville, doit pouvoir accéder à l’université, et, en même temps, il faut que l’université porte la vocation européenne de Strasbourg. Voilà l’opération « Pôle d’excellence » telle que je la conçois et telle que je l’ai expliquée aux responsables nationaux ainsi qu’à mes propres collègues de gauche et du groupe socialiste à l’Assemblée nationale.

 

(…)

 

Quelles sont vos relations avec la nouvelle municipalité ?

 

Aujourd’hui, en tant que député de Strasbourg, elles sont bonnes. Elles étaient inexistantes les années précédentes, ce qui est une aberration.

Quel que soit le Maire en place, quels que soient les députés en place, il doit y avoir collaboration et complicité pour porter les projets et notamment les projets universitaires. L’Opération Campus qui est mise en place est à cheval entre deux municipalités. J’espère que nous n’en pâtirons pas. Le gouvernement doit sélectionner 10 universités d’excellence. Il y a, à l’heure actuelle, 46 dossiers qui ont été déposés, dont 10 de la région parisienne. Le gouvernement en sélectionnera six à la fin du mois de mai et 4 à la mi-juillet.

Je souhaite que Strasbourg en fasse partie, que la nouvelle démarche strasbourgeoise soit ainsi reconnue mais la concurrence va être très rude. C’est un dossier que j’ai porté en tant que député, mais je me suis retrouvé bien seul il y a quelques mois pour le dire à Mme Pécresse et à son Cabinet.

J’espère que l’on ne pâtira pas de cette période transitoire que nous connaissons en ce moment. Je suis encore récemment intervenu directement auprès de la Ministre, le 16 avril. J’ai encore insisté une dernière fois pour que Strasbourg soit choisie parmi les 6 premières universités. J’espère que d’autres, au niveau de la Région, du Département, de la Ville, en ont fait autant.

Mais il faudra à l’avenir une collaboration d’excellence entre les collectivités, à la hauteur de la collaboration d’excellence que se sont imposées les trois universités strasbourgeoises.

 

(…)

 

Quel attachement portez-vous à la liberté d’expression et à l’engagement étudiant ?

 

La liberté d’expression a, pour moi, été le fil conducteur de toute mon action publique, politique et même au-delà. J’avais à peine terminé mes études qu’une grande affaire est née dans notre pays, en 1975 : l’affaire des comités de soldats.

J’ai eu le malheur, ou le bonheur, de signer une pétition soutenant la liberté d’expression des appelés qui demandaient le droit d’association, et même de se syndiquer. Ce qui m’a valu d’être mis en examen devant la Cour de Sûreté de l’Etat, juridiction d’exception.

Avec les membres de l’OAS [Organisation Armée Secrète, créée en 1961], je crois avoir été l’un des derniers à être mis en examen devant cette Cour que la gauche a supprimé en 1981, lorsqu’elle est arrivée au pouvoir. Cela m’a valu 3 semaines à Fleury-Mérogis, en tant que détenu politique, un statut qui n’existe plus non plus, pour le crime de « tentative de démoralisation de l’armée »… Rien que cela !

J’avais 25 ans, jeune juriste sorti de la faculté de droit, et j’ai fait la première page de Libération !

 

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Publié dans Interviews politiques

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